itineraire mis-a-jour le 25/12/2011, 26 100 km parcourus

vendredi 16 septembre 2011

15/09/2011 Entre ciel et desert, la route de Samarkand


Il nous aura fallu un peu plus de deux semaines ainsi que deux précieuses doses d'antibiotiques pour obtenir nos visas et venir à bout de quelques souffrances gastriques propres à l'Asie centrale. Enfin, nous pouvons quitter Dushambe, capitale du Tadjikistan.

"Soirée guitares, kebabs et vodka en compagnie d'une dizaine d'autres cyclistes(14 bouteilles)"

La route vers Samarkand via Penjikent (la plus directe) étant fermée aux étrangers, nous sommes forcés de passer par le sud de l'Ouzbékistan. La route, tant du côté tajik qu'ouzbek, est bordée de champs de coton, héritage de la politique de monoculture imposée par Staline et qui a fait tant de ravages dans la région. C'est la saison des récoltes et nous pouvons apprécier tout le travail qu'il y a à ramasser chaque petit bout d'ouate. Dans les champs, les femmes effacent petit à petit le blanc qui parsème l'horizon tandis que les hommes chargent les lourds sacs de coton sur les tracteurs.




Puis, les champs de coton font brutalement place au desert. La route monte et descend des collines poussièreuses brûlées toute la journee par le soleil. Il fait chaud et sec. En 30 jours au Tajikistan, il n'a pas plu une seule fois. Au sommet des Pamirs ou à l'auberge de Dushambe, on ne s'en souciait pas trop mais dans le désert, la sécheresse nous atteint vraiment. Ici, les journées ressemblent à de longues heures passées dans un four et la raison pour laquelle les couchers de soleil sont si grandioses est parce qu'ils célèbrent chaque jour la fin de la cuisson....








Nous nous arrêtons à Shaxisabz, la ville de Timur, après une journée de 120 km. Cela fait du bien de mettre quelques kilomètres au compteur qui nous a, par ailleurs, été volé à Dushambe. On sent qu'on en a pas trop perdu pendant les deux semaines d'arrêt à Dushambe. A partir de Shaxisabz, le désert s'estompe graduellement et après tant de chaleur et de poussière, c'est ironiquement sous la pluie que nous arrivons à Samarkand. Juste avant d'atteindre notre auberge, le ciel se dégage et le soleil apparaît en arrière des dômes bleus du Régistan. Nous prenons une pause pour admirer un autre couche de soleil sur la route de Samarkand.


"Mosquée Kok-Gumbax (Shaxisabz)"


lundi 29 août 2011

26/08/11 La route des Pamirs

Ca y est! Les renforts sont arrivés. Notre ami Antoine vient de faire éruption dans notre chambre d'hôtel à Osh, un vélo dans les bras, le sourire au visage et les yeux qui ferment tout seuls après ce long voyage. Il nous apporte, entre autres, de la bouffe déshydratée pour les Pamirs, une nouvelle roue arrière pour remplacer celle dont je n'ai pas réussi à réparer la roue libre, mais surtout, des nouvelles fraîches de Montréal et beaucoup de motivation à ajouter à la nôtre.
Le départ se fait le lendemain mais nous sommes rapidement ralentis par l'Asie Centrale qui dit bonjour à l'estomac d'Antoine. On se rendra finalement à Sary Tash en quatre jours et une soirée passée à pousser nos vélos en haut du col Taldyk.

"Une belle rencontre à Osh, ces gens d'origine Ouzbek qui ont gentiment accepté de garder nos vélos chez eux pendant notre séjour à Bishkek"

"Antoine une fois que son état de santé s'est amélioré" 

"Les enfants kyrgyzs et leurs ânes"
"D'autres enfants kyrgyzs"


De Sary Tash, situé à plus de 3 000 mètres d'altitude, on voit l'impressionnante barrière de montagnes derrière laquelle se cache le Tadjikistan. L'ascension de cette forteresse n'est pas chose facile (parlez-en aux portes-bagages d'Amélie) mais on y arrive. Autour de nous dansent des glaciers, des rivières boueuses et des montagnes rouges, noires, vertes, grises et jaunes, une chorégraphie qui ne s'interrompera pas avant la fin des Pamirs. Au sommet, nous voilà au Tadjikistan. On n'est pas trop fächés de quitter les Kyrgyzs qui sont vraiment trop portés sur la vodka et dont les enfants tiraient sur nos bagages et nous lançaient des roches.
"Le support (rack), désoudé à trois endroits. ne tient plus que par un tressage de fortune"

De l'autre côté, la route est très mauvaise mais plutôt droite. On arrive bientôt en vue du lac Karakol, le plus beau lac que j'ai jamais vu et peut-être le plus isolé que je ne verrai jamais (too bad pour le lac Louise!). Voici en photo les quelques 400 km jusqu'à Jelandy.

"Lichen multicolore"

"Le lac Karakol"

"Le pic Lenin quelque part en arrière-plan de la photo"


"Yurt"

"Un col"
"Près d'Alichur"

 "Shrubbery (type de buisson)!"

"Vent, sable et coucher de soleil"

"Un dernier col. On descend maintenant"

A partir de Jelandy, c'est une grande descente jusqu'à Khorog, ville dans laquelle la bière coule manifestement autant que l'eau des glaciers. A un barrage à l'entrée de la ville, un policier veut nous soudoyer de l'argent sans succès. Désespéré, il tente de toucher notre compassion en nous expliquant que cet argent lui servirait à s'acheter de la bière!!!  5 km plus loin, un ivrogne marchant sur la rue donne un coup de poing au visage d'Antoine sans raison avant de continuer sa route. Ok! Décision prise!  On boit une bière à Khorog et on se tire. D'accord?
"Antoine avant l'agression"

Là, on pensait bien l'avoir plus facile pour les prochains 200 km. On nous avait dit:"Cela descend et c'est pavé". La version complète aurait dû être:"Cela descend, puis le tout remonte, on redescend puis on remonte, etc......et c'est pavée le tiers du temps sauf quand il n'y a pas de la roche, du sable et des trous qui vous font vibrer au point que les repas remontent".    Bref, on arrive à Kalaikhum après quatre jours, dégoûtés, courbatures et malades. Antoine repart dans trois jours de Dushambe ce qui nous oblige à finir l'étape en Jeep pour être sûrs de ne pas manquer l'avion. On ne trichera plus à l'avenir. C'est promis!

"Antoine et Amélie"



"De l'autre côté de la rivière, le beau royaume de l'Afghanistan"

Malgré notre arrivée peu glorieuse à Dushambe, capitale du pays (Tadjikistan), nous garderons un très bon souvenir des Pamirs, ensemble de montagnes, déserts et vallées au sommet du monde, mais aussi des habitants de cette région (les Pamiris), particulièrement les femmes, robustes, vêtues de leurs robes colorées, toujours heureuses de vous rencontrer. On sentait dans ces femmes un bonheur accroché au coeur et qui nous a fait paraître cette route moins ardue. Ici à Dushambe, il fait 20 degrés Celsius et de surcroit, on doit jongler avec la paperasse pour nos trois prochains visas (Ouzbékistan, Iran, Turkménistan) et Antoine doit déjà repartir. Déjà trois semaines depuis Osh au Kirghizistan. Wow! Elles sont passées vite celles-là.  Dommage que l'Asie Centrale s'acharne maintenant sur nos estomacs et nous clouent au lit. On fêtera plus tard en janvier à Montréal!



06/08/11 Ala-Archa

Une randonnée près de Bishkek








dimanche 28 août 2011

27/07/11 Passer au Kyrgyzstan

La route de Kashgar à Sary Tash via le poste frontalier d'Irkeshstan possède assez de paysages spectaculaires pour remplir tout un volume du National Geographic. Nos problèmes techniques (la perte de nos deux matelas et un bruit inquiétant dans la roue libre de la roue arrière de Xavier) ne nous ont pas empêché d'apprécier le paysage.








On n'est quand même pas fâchés d'arriver à Sary Tash après un repas de patates crues (plus de bouffe, plus d'essence). Pas mal pour fêter le cap des 20 000 kilomètres parcourus.

19/07/11 Occident Express

Un désert de 3 000 km devant nous, un ami qui nous rejoint au Kyrgyzstan début août, un visa qui expire, d'autres à obtenir, oui vraiment, tout nous pousse à passer en mode express dans le Xinjiang. On a pris très peu de transport avec nos vélos depuis le début du voyage et on déteste ca. C'est donc en grommelant qu'on s'embarque dans le bus pour Urumqi, ville dans laquelle nous devons obtenir nos visas pour le Kyrgyzstan.

Passage oblige pour tout cycliste désirant quitter ou entrer en Chine par l'Ouest du pays, Urumqi est une ville profondément polarisée: quartiers de béton et d'autoroutes mêlés à des coins tranquilles et verdoyants, cinq centrales nucléaires au Nord et des champs d'éoliennes à perte de vue au Sud, mais surtout, une population turque (les Yogourts) au Sud et le reste de la ville occupé par les Hans.

Attisée par la répression culturelle qu'exerce le gouvernement Han sur les Yogourts et par des évènements isolés mais violents, la ville s'est embrasée en 2010, Hans et Yogourts se chassant dans la ville armés de ce qu'ils avaient sous la main. Lorsque l'armée est enfin intervenue, le sang de 200 morts et 1 500 blessés avait déjà souillé les rues. La tension est haute dans toute la province du Xinjiang comme nous le rappellent les évènements de juillet dans les villes d'Hotan et de Kashgar.

 "Tianshan"


Bien que la ville soit dans un désert à 4 000 km de la côte, le "port" d'Urumqi, tel que déclaré par le gouvernement chinois (la ville la plus éloignée de la mer au monde, il n'y a que les Chinois pour faire cela), nous a quand même beaucoup plu. Il faut en remercier Dave, un Américain qui vit en Chine depuis 15 ans, et sa femme Hakka Lisa que nous avons rencontres dans la rue et qui nous ont proposé de rester chez eux. Grâce à eux, notre séjour à Urumqi fut reposant, enrichissant et bien arrosé.


Une fois le visa Kyrgyz en main, nous revoilà dans un autre bus pour 24 heures, entourés de Yogourts. A Kashgar, nous ne sommes décidement plus en Chine. C'est la Turquie ici avec des mosquées, des marches colorées et des vendeurs de pains Nan et de yogourts (l'aliment) postés à chaque coin de rue. A notre hôtel, on rencontre beaucoup de Pakistanais dont un très gentil qui nous invite au restaurant et qui nous explique que les États-Unis ne sont pas un pays mais plutôt 52 états indépendants. D'un même souffle, il nous mentionne qu'il y a au Pakistan une montagne de 18 000 mètres de hauteur (dire qu'il y a des blancs qui perdent leur temps à escalader l'Everest à 8 800m... Pas de péril ! Pas de gloire!)